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Le Fort de Querqueville

Pourquoi y a-t-il un Fort à Querqueville ?

En 1692, après la bataille de la Hougue, les bateaux de l’Amiral TOURVILLE cherchent un abri dans la baie de Cherbourg. Et c’est dans cette baie que ces navires, dont le « Soleil Royal », bateau-amiral, furent détruits par la formation anglo-hollandaise. A cette époque, si la grande digue et les fortifications avaient existé, cette flotte n’aurait pas été détruite.

Cette aventure de la Marine Royale devait hâter la réalisation d’un fameux projet : la construction de la grande digue et des forts de l’île Pelée, de l’Est, du centre et de l’Ouest (Querqueville).

Son histoire

C’est en 1786, après une visite de Louis XVI, que la construction du fort de Querqueville fut décidée. En réalité, le roi s’était déplacé à Querqueville pour voir l’état d’une modeste redoute construite en 1757, sur l’emplacement du fort actuel. La suite royale persuada le roi de fortifier plus la baie de Cherbourg.

Les fondations furent coulées au cours de l’année qui suivit la visite du roi mais la construction fut vite stoppée par la découverte, à l’emplacement de la passe couverte par les pièces du fort de Querqueville, de l’existence de rochers. Les pièces d’artillerie qui y sont disposées ne pourront plus battre efficacement la passe. Le fort se révèle donc inutile avant même sa mise en service. On se borna donc à finir les travaux engagés, à achever l’enveloppe casematée (hémicycle) afin de maintenir une possibilité de défense et de tir, même s’il est rendu imprécis par la distance. Les travaux prirent fin en 1795. Toutefois il faudra attendre 1852 pour que le fort soit totalement équipé, en habitations pour les officiers, en casernes, casemates et canons.

Le rôle de défense de la passe sera assuré par un autre fort construit vers 1854, le fort de Chavagnac, du nom d’un des découvreurs des rochers de la passe, croisant ses feux avec la batterie du musoir (pointe de la digue) ouest.

Pendant la guerre de 39-45, les Allemands occuperont les forts du front de mer et les équiperont de pièces défensives. Dans le fort de Querqueville, ils disposeront une tourelle de char français capturée sur un petit blockhaus, ce qui permettait de battre grâce  à sa pièce, une grande partie de l’anse d’Urville. Cet aménagement subsiste encore aujourd’hui.

Le fort de Querqueville offre donc la particularité de posséder des vestiges remarquables de près de deux siècles d’évolution de la technique de fortification, mais sans que sa structure fondamentale, même non achevée, n’ait été remaniée, ce qui n’est pas le cas des autres forts de la rade. (qui ont été recouvert d’une chape de béton au cours du XIXème siècle).

Son architecture

Parfaitement conservé, l’hémicycle casematé du fort de Querqueville, ouvrant sur une cour centrale, est le seul, avec celui des îles Marcouf, à subsister à Cherbourg puisque les forts du Homet et de l’île Pelée ont, en raison de leur importance opérationnelle, été fondamentalement modifiés.

Le front bastionné, quant à lui, avec ses saillies, ses rentrants et ses douves, s’il est classique dans la fortification française depuis le XVIIème siècle, est unique à Cherbourg de même que les ouvrages en pierre de taille bien agencées et la caserne fermant le fort offre un joli jeu de matériaux avec son granit rose et son schiste aux tons bleu-vert.

Ses alentours

Parallèlement aux défenses qu’offrait le fort, un « polygone d’artillerie » est implanté aux abords du fort. Ce champ de tir fut établit entre 1854 et 1857, était destiné aux canonniers de la Marine. Ce site retrouva un rôle important au cours de la Première Guerre Mondiale : au moment où l’on pratiquait des expériences de lutte anti sous-marine dans la rade, fut installé un poste d’écoute microphonique de détection.

En 1895, la construction d’une caserne sur le site du polygone est décidée par la Ministère de la Guerre, pour recevoir les troupes coloniales. Une trentaine de bâtiments forment alors un rectangle autour d’une cour centrale. Hôpital complémentaire pendant la Première Guerre Mondiale, la caserne jouxte alors le terrain d’hydraviation installé par les armées alliées. Cette caserne est ensuite rebaptisée caserne Dixmude et cédée à la Marine en 1920, afin de recevoir les recrues du Premier Dépôt.
Toujours à proximité du fort, une base aéronavale vit le jour en 1925. Elle servit de support à l’hydrobase de la baie de Sainte-Anne et abrita pour un temps l’Ecole d’aviation embarquée, pour laquelle fut installée une piste en dur reproduisant le pont du porte-avions Béarn. Etendue jusqu’à 140 mètres, elle reçut en 1945, un revêtement métallique. Placée en gardiennage en 1953, la base fut réarmée en 1963, en raison des capacités de stockage de ses deux hangars et pour son utilité opérationnelle dans la lutte anti sous-marine en Manche. Elle fut définitivement abandonnée en 1966 au profit de la nouvelle BAN de Maupertus.